Sr. Reine Marie Wemenga, de la Vice-Province d’Afrique a fait le renouvellement de ses Vœux à la Chapelle de la Grande Bretèche à Tours. Voici son expression de gratitude.

Remerciements

“Lever les yeux vers le bas, là où notre Dieu se tient en chacun, en ce monde…Croire que la mort recule devant le don. C’est ce à quoi tu es invitée Reine… » Sr. Véronique Margron

Par ce petit mot, je voudrais joindre chacune de vous, mes Sœurs pour vous remercier pour vos prières et vos marques de fraternité à mon égard.

Merci à Sr. Véronique Margron, prieure provinciale de la France qui a bien accueilli le renouvellement de mes vœux. Merci pour le mot prononce en ma faveur en ce jour de la Croix Glorieuse et de mes renouvèlements de vœux.

Merci à mes sœurs ainées, mes « yaaba » de la Grande Bretèche et des communautés environnante de Tours pour la fraternité, le vivre ensemble et la belle liturgie vécu ce jour. Puisse Dieu vous le rendre au centuple de vos bienfaits. A toutes les sœurs de la Province : merci.

De primer abord permettez-moi de présenter ma profonde gratitude au gouvernement général et gouvernement Vice-provincial de l’Afrique pour la confiance renouveler en ma pauvre personne, qui nous a permis de vivre ce moment de rénovation.

Que le Dieu de toute vie et de toute vie et de toute vocation nous accorde les grâces dont nous avons besoin pour bien accomplir la mission qu’il nous confie. Qu’il nous bénisse abondamment et nous accorde de nombreuses et de saintes vocations. Amen.

Sr. Reine Marie Wemenga

 

 

 

Mot de Sr Véronique Margron, à l’occasion du renouvellement des voeux de Sr Reine-Marie

Chère Reine Marie

Je ne sais si tu connais l’oxymore, cette figure d’opposition qui consiste à réunir deux termes de sens contraires dans un même groupe de mots, créant alors un effet de surprise et de sens. Comme : « l’obscure clarté » ou « le soleil noir » . Ou encore ce titre saisissant du pédopsychiatre Boris Cyrulnic le « merveilleux malheur ». La croix glorieuse est un oxymore.

Comment une croix, instrument du pire des supplices pour les juifs comme pour les romains de l’époque, peut-elle être célébrée comme glorieuse ? À vrai dire recevant hier des victimes du grand nord canadien aux vies détruites, je ne sais pas et je crois ne pouvoir en ce temps que demeurer au pied de la croix de ces victimes.

Et pourtant, il me faut, il nous faut nous laisser instruire par cette contradiction, croix glorieuse. Ne pas chercher d’harmonie, ne surtout pas considérer que la souffrance de ce supplice de la croix serait chose magnifique, qui nous sauve. Car la croix et la souffrance tuent. Si la mort du Christ n’était pas un scandale car tous les prophètes sont morts de mort violente, sa croix le fut, comme le dira Paul, scandale pour les juifs mais aussi pour les païens et les premiers chrétiens. Car c’était là une torture infligée aux moins que rien, aux bandits de grand chemin.

Alors ?

 En acceptant de se faire voler jusqu’à sa mort – les prophètes meurent alors lapidés- Jésus signe la plus puissante des Nouvelles : Tout est sauvé, jusqu’au plus sombre de l’existence, au plus noir du mal et du péché. Notre Dieu prend tout. Rien de la vie n’est délaissé de Dieu.

Désormais, c’est vers le Christ « élevé » sur la croix qu’il faut lever les yeux pour recevoir la vie véritable, la vie en amitié avec le Père (Jn 3, 16). C’est le cœur de notre foi qui est célébrée en cette fête : le mystère de l’incarnation, d’un Dieu fait chair nous aimant une fois pour toutes et tous et jusqu’au bout.

Voilà la croix désormais glorieuse. Celle de Jésus et nulle autre. Non par la fascination morbide du supplice et de la souffrance. Il n’y a pas de place à prendre, elle est occupée à jamais. Il ne s’agit pas d’aimer souffrir mais de contempler au-dedans de la mort du fils bien aimé la vie qui se faufile, souvent si peu visible. La Croix du bien aimé est ce signe indéfectible que notre Dieu se tient au plus obscur de nos vies comme de ce monde. Et affirme, par le bas, le très-bas, que tout est appelé à être relevé, sauvé.

Lever les yeux vers le bas, là où notre Dieu se tient, en chacun, en ce monde… Croire que la mort recule devant le don. C’est ce à quoi tu es invitée Reine, et nous toutes ici. De par notre baptême avant tout. Que le don fasse reculer ce qui fait mourir, la violence, le mensonge, le mal.

Pardon d’être si grave en ce jour de fête chère Reine. Mais je ne sais faire autrement aujourd’hui. En renouvelant ta profession, tu affirmes accepter de prendre ta part de l’œuvre du salut de ce Dieu-là. D’aimer en donnant ta vie pour Le suivre lui qui est venu dans « l’en-bas » de l’humain afin que « l’en haut » puisse devenir le lieu de l’homme. Et là est et sera ta joie, celle que nul ne peut ravir.

Il a aimé, donné, envoyé sauvé. Tout le programme est là. Bonne route et notre affection, notre modeste mais très fidèle prière seront avec toi, ici et bien sûr de retour dans ta vice-province d’Afrique.

Sr Véronique Margron
Prieure provinciale