À toutes celles qui sommes réunies aujourd’hui pour partager et célébrer ces 50 ans de vie consacrée.
À un moment de notre vie, il nous est arrivé quelque chose ; voir pourquoi… si… ce n’est pas la folie de « renter dans un couvent »
La question est comment renouer avec cet impact, comment lui redonner le pouvoir de s’emparer de notre vie, de l’envahir, de la submerger et de la bouleverser… Jérémie fait sa proposition en la mettant dans la bouche de Dieu : « Je me souviens de toi de ton amour de jeunesse, de ton affection, quand tu m’as suivi à travers le désert, à travers une terre désolée (Jr 2:2), tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire, et le choix n’est pas défini par ce qu’on laisse, mais par ce que l’on choisit, choisir c’est préférer, car préférer, c’est aimer, et aimer, c’est choisir…
« parce que vouloir c’est cela, vouloir c’est se décider, c’est choisir l’une parmi les belles choses, c’est être rempli de la lune et renoncer à toutes les étoiles » J. M. Peman
L’amour de Dieu fait irruption dans ma vie, entre la lumière et l’ombre, entre la peur et la fragilité, entre le oui et le non ; Je vous assure que Jésus ne déçoit jamais, il conserve toujours la capacité d’éveiller, de captiver, d’allumer l’illusion, de fasciner, de séduire, lorsque l’on vit pour ce Royaume, avec une cohérence élémentaire, ou plutôt, lorsqu’on permet à Jésus de vivre en soi, cette illusion grandit.
La vie éternelle a déjà commencé en nous (Jn 4:14) et de cette expérience nous pouvons donner nos vies sans négocier, donner librement ce que nous recevons (Mt 10:8), vivre la gratuité comme seule façon d’être véritablement efficaces dans cette terre où tant de pour cent sont en amour et en affaires.
Je ne sais pas comment m’y prendre, ni même si j’en suis capable… Mais nous savons que nous sommes appelées à une transformation profonde ; l’important n’est pas de nous concentrer sur nous-mêmes et sur notre fragilité, mais de rester ancrées dans le monde et ses besoins, là où l’Esprit continue d’agir au milieu de tant de vulnérabilité. Il faut préserver notre liberté intérieure pour écouter ce qui nous interpelle, et notre créativité pour proposer de nouvelles réponses.
Notre Congrégation se distingue par sa capacité à faire entendre une voix qui fait autorité pour dénoncer les injustices et propose des moyens qui nous permettent d’ACCUEILLIR, PROMOUVOIR ET INTÉGRER.
L’expérience de la gratitude unit deux dimensions : la bienveillance de Dieu et la joie intérieure qui remplit la personne. Marie, dans le chant devant sa cousine Élisabeth, exalte Dieu pour l’œuvre qu’il a accomplie en elle-même et pour la puissance du salut qui est entrée dans l’histoire pour le salut de tous, cette expérience qui exalte Dieu fait se réjouir Marie de joie. De la même manière, il fait jaillir les louanges de nos cœurs. JE RECUEILLE CETTE EXPÉRIENCE PASCALE DANS CETTE EUCHARISTIE D’ACTION DE GRÂCE POUR LE PARCOURS DE CES 50 ANS UNIS À LA GRATITUDE DE JÉSUS
MERCI À DIEU POUR TOUTES LES EXPÉRIENCES, LES LIEUX, LES PERSONNES QUE J’AI EU L’OCCASION DE RENCONTRER ET D’AIMER, DONNANT LE MEILLEUR DE MOI-MÊME, TOUJOURS POUR LE ROYAUME. MERCI À MA FAMILLE, À LA CONGRÉGATION…
Je viens prier, Seigneur, à la source du premier amour et continuer à faire de cette vocation une ÉPIPHANIE SILENCIEUSE.
Sœur Marta Elena Vélez Betancur