Notre congrégation a été fondée à la fin du dix-neuvième siècle par l’abbé Victor Chocame, curé de la paroisse Saint Nicolas de Beaune, en Bourgogne. Très sensible aux misères de son époque, il était persuadé que seul l’amour actif des pauvres et des déshérités pourrait dissiper la méfiance et ouvrir un chemin de rencontre. La fondation fut une réponse, parmi d’autres, aux besoins criants de cette époque.
Que faire ? « Puisque les gens ne venaient pas à l’église, il fallait aller à eux » Peu à peu se précise l’idée d’une œuvre dominicaine regroupant d’abord des laïques dominicaines, et en 1879 la petite communauté est érigée en communauté religieuse et agrégée en 1880 à l’Ordre Dominicain.
Le développement se fait lentement, avec un souci de formation et de bases théologiques solides. Les sœurs sont envoyées à domicile pour le soin des malades pauvres.
Les années ont passé. Vers 1950 s’amorce une évolution dans le sens d’une plus grande proximité avec le monde ouvrier et d’une participation à la vie de quartier et de l’église locale. Puis c’est le temps du Concile. Peu à peu se forme le projet missionnaire de la Congrégation, non plus défini par une activité : le soin des malades pauvres à domicile, mais par son but : vivre et annoncer Jésus-Christ dans le monde des pauvres et des travailleurs.
Dans la ligne du concile qui encourage les regroupements, les Dominicaines Missionnaires du Sacré-Cœur, fondées en 1899 par Madame Béranger et les Petites Sœurs Dominicaines, après quatre années de vie en fédération se rapprochent. La fusion se réalise en 1978.
Pour le Havre
Revenons en arrière : en 1962, le Père Michel Quoist fait appel à la congrégation des « Dominicaines Missionnaires du Sacré-cœur » pour organiser et assurer le secrétariat de la Centrale « l’Action Catholique » et promouvoir « l’Action Catholique des enfants » au Havre et dans le secteur. Deux sœurs y sont envoyées : Yvonne Ranc et Geneviève Fertin.
Les conditions de logement pour une vie communautaire étant difficiles à vivre dans ce contexte, elles repartent en 1967.
Décembre 1968 : Monseigneur Pailler, archevêque de Rouen et du Havre, demande qu’une communauté religieuse s’implante dans la Z.U.P. de Caucriauville nouvellement construite…
La congrégation y envoie trois sœurs :
- Suzanne Marque qui assure dans la communauté un service d’accueil et fonde avec « l’Association Populaire des Familles » un club du 3e âge et, sous son impulsion, un groupe de « Sœurs aînées », avec la participation d’un frère dominicain de Rouen. Elle décédera à Caucriauville en 1975.
- Marceline Corsi qui travaillera comme infirmière à !’Hôpital du Havre.
- Geneviève Fertin comme permanente en pastorale pour la paroisse st Pierre
- En 1975, nous réalisons une première communauté « inter-congrégation » avec l’arrivée de Sœur Véronique Deshayes P.S.D.
Dominicaines, notre vie est d’abord missionnaire. Elle s’enracine dans la vie communautaire fraternelle, lieu de partage, de confrontation, de prière, de ressourcement et d’envoi, la priorité étant donnée à la parole de Dieu et à l’approfondissement de l’intelligence de la foi, pour que tenant compte des évolutions du monde, nous sachions mieux répondre aux aspirations des hommes et des femmes de notre temps… surtout des plus démunis, les aidant à trouver sens à leur vie.
Si le dynamisme nous anime, il se vit dans un contexte de non-renouvellement et de vieillissement dans lequel nous continuons la mission à Caucriauville.
- Solange Nicolon, milite au sein d’une association de femmes Africaines et Maghrébines, dans une association de locataires et par un engagement au groupe France/Palestine ainsi que Amnesty International.
- Geneviève Fertin, bénévole à la paroisse Pierre-et-Paul-Apôtres, coordonne et s’investit dans le « Service évangélique des malades ». Elle accompagne trois équipes de femmes en « A.C.G.F. » et fait partie de l’équipe liturgique. Elle est membre du Conseil pastoral et du Relais paroissial.
- Marie-Mad Petit, venue de Marseille avec l’accent, engagée à fond dans le catéchuménat d’adultes, rayonne dans le quartier, déclarant à l’un de nos regroupements de Congrégation : « A Caucriauville, je vis l’épanouissement de ma vie religieuse ! » Elle décède en 2004 à la suite d’une longue maladie, très entourée par nos amis du quartier au 53, rue Jean Lurçat.
Sœur Brigitte Ménager lui succède en Juillet 2006 après un circuit dans diverses implantations en France (8 lieux successifs) et à la suite de la fermeture de la communauté de Maubeuge.
Sœur Irène Godebout devait venir renforcer notre petite communauté et nous pensions être trois. Mais Sœur Geneviève Fertin est décédée en octobre 2020 avant l’arrivée d’Irène en novembre de cette même année.
Grâce à elle, l’accompagnement de nos amis migrants s’est maintenu jusqu’en octobre 2025.
La présence de la communauté dans le quartier depuis 1968 est aussi une forme d’évangélisation, certes discrète, mais vécue profondément en lien avec les autres communautés religieuses : plus particulièrement petites fraternités implantées comme nous en « Mission Ouvrière » mais qui ont dû quitter le Havre avant nous.
C’est ainsi que pour notre modeste part, nous avons essayé de rejoindre le projet missionnaire de l’église du Havre.
Puis, il y a un moment où il faut reconnaître que l’énergie s’émiette, ce pourquoi nous sommes accueillies très fraternellement par nos sœurs Dominicaines à Tours, avec lesquelles la Congrégation des PSD avait fusionné le 8 Août 2021.
Ainsi le 26 Octobre 2025 la petite communauté a fait ses adieux au Havre après une messe à l’église st Pierre de Caucriauville, présidée par notre Évêque Monseigneur Jean-Luc Brunin dont nous joignons l’homélie pour cet « Au revoir ».
Soeur Brigitte et Sueur Irène