Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Dimanche des Rameaux
Évangile selon saint Matthieu (21, 1-11)

Depuis quarante jours de marche au désert, nous voici avec Jésus aux portes de Jérusalem, montant vers la ville sainte pour célébrer la Pâque. Cette fête fait mémoire de la libération de l’esclavage et rassemble une multitude de pèlerins venus de toute la Palestine et de la diaspora, comme nous le rapportent les Évangiles.
Pourtant, le contexte est lourd de tensions. Hier comme aujourd’hui, les situations diffèrent, mais les épreuves demeurent. En ce temps-là, Israël vivait sous l’occupation de l’Empire romain. Le gouverneur, redoutant tout trouble, renforçait la surveillance afin d’éviter révoltes et désordres. Quel paradoxe saisissant : célébrer la libération dans une terre marquée par l’oppression étrangère.
C’est dans ce climat que Jésus entre à Jérusalem avec ses disciples pour célébrer sa Pâque, qu’il a soigneusement préparée. Son entrée se veut humble, mais elle devient triomphale aux yeux de la foule. Lui ne recherche ni gloire ni agitation, mais le peuple, reconnaissant en lui le Messie, l’accueille comme un roi. Ce geste, en apparence simple, pouvait être perçu comme provocateur par les autorités en place.
Jésus lui-même veille aux moindres détails :
« Jésus envoya deux disciples en leur disant : “Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi…” » (Mt 21, 2-3)
Ainsi s’accomplit la parole des prophètes :
« Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse, et sur un petit âne » (Mt 21, 5 ; cf. Is 62,11 ; Za 9,9).
Saint Matthieu, comme saint Jean, souligne avec force cet accomplissement messianique. Jésus est bien le Roi annoncé, mais un roi doux et humble, venu non pour dominer, mais pour sauver.
La foule lui rend alors des honneurs royaux :
« La plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route » (Mt 21, 8).
Ces gestes rappellent l’intronisation du roi Jéhu (cf. 2 R 9,13). Jésus est reconnu comme roi, non par les puissants, mais par le peuple.
Et un cri s’élève :
Hosanna au Fils de David !
Ce mot, « Hosanna », signifie : « Sauve-nous ! » Il vient du psaume 118 (117), chanté encore aujourd’hui lors des fêtes de pèlerinage. Ce cri est à la fois une acclamation et une supplication. Ceux qui acclament Jésus sont aussi ceux qui l’ont entendu enseigner, qui l’ont vu guérir les malades, libérer les opprimés. Leur foi les pousse à l’acclamer, mais aussi à implorer son salut.
L’entrée de Jésus à Jérusalem est un signe prophétique, soigneusement posé, qui éclaire sa mission. Elle ouvre le mystère pascal, où tout prendra sens : la souffrance, la croix et la victoire de l’amour.
Que cette Semaine sainte nous conduise à accueillir, nous aussi, le Christ dans nos vies, non seulement avec des rameaux à la main, mais avec un cœur ouvert et fidèle.
Bonne Semaine sainte !

Sr Maria Esperanza OLARTE
Communauté 106, Paris
¡Bendito el que viene en nombre del Señor!
Domingo de Ramos
Evangelio según san Mateo (21, 1-11)
Después de cuarenta días de camino en el desierto, nos encontramos con Jesús a las puertas de Jerusalén, subiendo a la ciudad santa para celebrar la Pascua. Esta fiesta hace memoria de la liberación de la esclavitud y reúne a una multitud de peregrinos venidos de toda Palestina y de la diáspora, como nos lo relatan los Evangelios.
Sin embargo, el contexto está lleno de tensiones. Ayer como hoy, las situaciones son diferentes, pero las pruebas permanecen. En aquel tiempo, Israel vivía bajo la ocupación del imperio romano. El gobernador, temiendo disturbios, reforzaba la vigilancia para evitar revueltas y desórdenes. ¡Qué paradoja tan fuerte: celebrar la liberación en una tierra marcada por la opresión extranjera!
Es en este clima que Jesús entra en Jerusalén con sus discípulos para celebrar su Pascua, que ha preparado cuidadosamente. Su entrada es humilde, pero se vuelve triunfal a los ojos de la multitud. Él no busca la gloria ni la agitación, pero el pueblo, reconociendo en Él al Mesías, lo acoge como a un rey. Este gesto, aparentemente sencillo, podía ser percibido como provocador por las autoridades.
Jesús mismo cuida cada detalle:
«Jesús envió a dos discípulos diciéndoles: “Vayan al pueblo que está enfrente de ustedes; enseguida encontrarán una asna atada y un pollino con ella. Desátenlos y tráiganmelos…”» (Mt 21, 2-3)
Así se cumple la palabra de los profetas:
«Digan a la hija de Sión: He aquí que tu rey viene a ti, manso y montado en una asna, y en un pollino, cría de animal de carga» (Mt 21, 5; cf. Is 62,11; Zac 9,9).
San Mateo, como san Juan, subraya con fuerza este cumplimiento mesiánico. Jesús es verdaderamente el Rey anunciado, pero un rey manso y humilde, que no viene a dominar sino a salvar.
La multitud le rinde entonces honores propios de los reyes:
«La mayoría de la gente extendía sus mantos en el camino; otros cortaban ramas de los árboles y alfombraban la ruta» (Mt 21, 8).
Estos gestos recuerdan la entronización del rey Jehú (cf. 2 Re 9,13). Jesús es reconocido como rey, no por los poderosos, sino por el pueblo.
Y se eleva un clamor:
«¡Hosanna al Hijo de David!»
Esta palabra, «Hosanna», significa: «¡Sálvanos!» Proviene del salmo 118 (117), que todavía hoy se canta en las fiestas de peregrinación. Es a la vez una aclamación y una súplica. Quienes aclaman a Jesús son también aquellos que lo han escuchado enseñar, que lo han visto sanar a los enfermos y liberar a los oprimidos. Su fe los lleva a aclamarlo, pero también a implorar su salvación.
La entrada de Jesús en Jerusalén es un signo profético, cuidadosamente dispuesto, que ilumina su misión. Abre el misterio pascual, donde todo encuentra su sentido: el sufrimiento, la cruz y la victoria del amor.
Que esta Semana Santa nos conduzca también a nosotros a acoger a Cristo en nuestras vidas, no solo con ramos en las manos, sino con un corazón abierto y fiel.
¡Feliz Semana Santa!
Hna. Maria Esperanza OLARTE
Comunidad del 106 Paris