Parábola del sembrador (Mt 13,1-23)

Con frecuencia hemos leído la parábola del sembrador poniendo toda la atención sobre la tierra y nos hemos preguntado casi de manera espontánea: ¿Qué tipo de tierra soy? Pero frente a este texto o a cualquier otro, nuestra lectura atenta debe llevarnos a descubrir un plus de significado en el texto, más allá de la intención del autor, pero no más ni menos de lo que Dios quiere revelarnos.
La parábola nace en un mundo cansado, muy parecido al nuestro; los campesinos que escuchaban a Jesús conocían el sabor del fracaso; sembraban mucho y recogían poco, mantenían el rostro hacia el suelo y la espalda hacia el cielo, trabajaban de sol a sol, pero muchas veces otros disfrutaban del fruto de su esfuerzo. Vivían entre la incertidumbre del clima, las deudas, la injusticia y la pobreza, sabían loque significaba desgastarse sin ver resultados. Y precisamente a esa gente agotada Jesús le cuenta la historia de un sembrador que desconcierta, un sembrador que no calcula demasiado, que no selecciona únicamente los mejores terrenos y que no se deja paralizar por los fracasos. Sale simplemente a sembrar.
Jesús comienza diciendo: «Salió el sembrador a sembrar» (Mt 13,3). Ese verbo, salir, resume toda la historia de la salvación. Es el Dios que salió a buscar a Adán cuando este se escondía tras el pecado.Es el Dios que salió a liberar a Israel de la esclavitud, el Dios que envió a los profetas y, finalmente, salió al encuentro del mundo en la persona de Jesucristo. Nuestro Dios nunca permanece inmóvil esperando que lo busquemos. Él siempre toma la iniciativa, siempre ama primero, siempre siembra primero y lo hace con una generosidad que desarma toda lógica humana. Nosotros solemos invertir solo donde creemos que habrá resultados. Dios, en cambio, derrama su gracia incluso sobre corazones endurecidos, su amor no funciona según criterios de rentabilidad, sino de misericordia.
Y ahí comienza el verdadero “escándalo de la parábola”: no es tanto que parte de la semilla se pierda, eso cualquier agricultor lo sabe, lo desconcertante es que el sembrador no cambia de actitud; no reserva la semilla para los mejores terrenos ni da por perdida la tierra más dura. Siembra sobre todos. No porque ignore cómo es cada uno, sino porque conoce algo que nosotros olvidamos: ningún corazón está definitivamente cerrado para Dios. Donde nosotros vemos un camino endurecido, Él sigue viendo una posibilidad; donde nosotros solo vemos piedras o espinos, Él continúa esperando una cosecha, Dios no mira nuestra vida para etiquetarla, sino para descubrir en ella el fruto que todavía puede nacer.
Quizá nosotros pasamos demasiado tiempo comparando terrenos y demasiado poco contemplando al sembrador. Nos preocupa si somos suficientemente buenos, si hemos fallado demasiado o si nuestra vida ha producido poco fruto; sin embargo, el único que tiene derecho a juzgar una cosecha es quien sembró la semilla. Solo Él conoce el tiempo que necesitó cada grano para germinar, las luchas escondidas de cada corazón, las heridas que hubo que sanar y los inviernos que hubo que atravesar antes de dar fruto. Nosotros vemos el presente; Dios contempla toda la historia. Por eso nunca se cansa de esperar. No busca una tierra perfecta; busca una tierra que, aunque esté llena de piedras o espinos, no cierre definitivamente sus surcos a la semilla. Porque donde la semilla es acogida, aunque sea lentamente, siempre termina apareciendo la vida.
Continúa el texto y Jesús añade una advertencia que atraviesa todas las épocas: “Por más que escuchen, no comprenderán; por más que miren, no verán” (Mt 13, 14). No porque Dios quiera ocultarse, sino porque es tanto el afán por convertirnos en « tierra buena », por medir nuestros frutos o evaluar constantemente nuestra vida espiritual, que corremos el riesgo de olvidar lo primero que Dios nos pide: tener ojos que sepan ver y un corazón que sepa escuchar. La peor ceguera no es la de los ojos, sino la de quien ha dejado de asombrarse ante la acción de Dios. “Dichosos los ojos de ustedes porque ven y sus oídos porque oyen” (Mt 13, 16). La bienaventuranza no es para quienes se consideran mejores, sino para quienes permanecen disponibles. Dichoso el corazón que todavía se deja sorprender por el Sembrador, porque mientras siga acogiendo su Palabra, siempre habrá esperanza de una cosecha abundante.
Sr. Tatiana Arenas
Parabole du semeur (Mt 13,1-23)
Nous avons souvent lu la parabole du semeur en portant toute notre attention sur la terre et nous nous sommes demandé presque spontanément : Quel type de terre suis-je ? Mais face à ce texte ou à tout autre, notre lecture attentive doit nous conduire à découvrir dans le texte un surplus de sens, au-delà de l’intention de l’auteur, mais ni plus ni moins que ce que Dieu veut nous révéler.
La parabole naît dans un monde fatigué, très semblable au nôtre ; les paysans qui écoutaient Jésus connaissaient le goût de l’échec ; ils semaient beaucoup et récoltaient peu, gardaient le visage tourné vers le sol et le dos vers le ciel, travaillaient du lever au coucher du soleil, mais bien souvent d’autres profitaient du fruit de leurs efforts. Ils vivaient dans l’incertitude du climat, les dettes, l’injustice et la pauvreté ; ils savaient ce que signifiait s’épuiser sans voir de résultats. Et c’est précisément à ces gens épuisés que Jésus raconte l’histoire d’un semeur déconcertant, un semeur qui ne calcule pas trop, qui ne sélectionne pas uniquement les meilleurs terrains et qui ne se laisse pas paralyser par les échecs. Il sort simplement pour semer.
Jésus commence en disant : « Le semeur sortit pour semer » (Mt 13,3). Ce verbe, sortir, résume toute l’histoire du salut. C’est le Dieu qui est sorti à la recherche d’Adam lorsque celui-ci se cachait après le péché. C’est le Dieu qui est sorti pour libérer Israël de l’esclavage, le Dieu qui a envoyé les prophètes et qui, finalement, est sorti à la rencontre du monde dans la personne de Jésus-Christ. Notre Dieu ne reste jamais immobile en attendant que nous le cherchions. Il prend toujours l’initiative, il aime toujours le premier, il sème toujours le premier et il le fait avec une générosité qui désarme toute logique humaine. Nous avons l’habitude d’investir uniquement là où nous pensons qu’il y aura des résultats. Dieu, au contraire, répand sa grâce jusque sur les cœurs endurcis ; son amour ne fonctionne pas selon des critères de rentabilité, mais de miséricorde.
Et c’est là que commence le véritable « scandale de la parabole » : ce n’est pas tant qu’une partie de la semence se perde, cela, tout agriculteur le sait ; ce qui est déconcertant, c’est que le semeur ne change pas d’attitude ; il ne réserve pas la semence aux meilleurs terrains et ne considère pas comme perdue la terre la plus dure. Il sème partout. Non pas parce qu’il ignore comment est chacun, mais parce qu’il connaît quelque chose que nous oublions : aucun cœur n’est définitivement fermé à Dieu. Là où nous voyons un chemin endurci, lui continue de voir une possibilité ; là où nous ne voyons que des pierres ou des épines, lui continue d’attendre une récolte. Dieu ne regarde pas notre vie pour lui apposer une étiquette, mais pour y découvrir le fruit qui peut encore naître.
Peut-être passons-nous trop de temps à comparer les terrains et trop peu à contempler le semeur. Nous nous inquiétons de savoir si nous sommes suffisamment bons, si nous avons trop échoué ou si notre vie a produit peu de fruit ; pourtant, le seul qui ait le droit de juger une récolte est celui qui a semé la semence. Lui seul connaît le temps dont chaque grain a eu besoin pour germer, les luttes cachées de chaque cœur, les blessures qu’il a fallu guérir et les hivers qu’il a fallu traverser avant de porter du fruit. Nous voyons le présent ; Dieu contemple toute l’histoire. C’est pourquoi il ne se lasse jamais d’attendre. Il ne cherche pas une terre parfaite ; il cherche une terre qui, même si elle est remplie de pierres ou d’épines, ne ferme pas définitivement ses sillons à la semence. Car là où la semence est accueillie, même lentement, la vie finit toujours par apparaître.
Le texte se poursuit et Jésus ajoute un avertissement qui traverse toutes les époques : « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas » (Mt 13,14). Non pas parce que Dieu veut se cacher, mais parce que nous mettons tant d’ardeur à devenir une « bonne terre », à mesurer nos fruits ou à évaluer constamment notre vie spirituelle, que nous risquons d’oublier ce que Dieu nous demande en premier : avoir des yeux qui sachent voir et un cœur qui sache écouter. La pire cécité n’est pas celle des yeux, mais celle de celui qui a cessé de s’émerveiller devant l’action de Dieu. « Heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent » (Mt 13,16). La béatitude n’est pas destinée à ceux qui se considèrent meilleurs, mais à ceux qui demeurent disponibles. Heureux le cœur qui se laisse encore surprendre par le Semeur, car tant qu’il continuera d’accueillir sa Parole, il y aura toujours l’espérance d’une récolte abondante.
Sr.Tatiana Arenas