La Transfiguration Mt 17, 1-9

Un mystère lumineux

Vitrail de la TransfigurationEglise de Taizé

Vitrail de la Transfiguration
Eglise de Taizé

« A partir de ce moment, Jésus commença à dire à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup…être tué, et, le troisième jour ressusciter » Mt 16,21

« Six jours après Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les emmène à l’écart  sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux » Mt 17,1-2a

La transfiguration est une manifestation de gloire qui s’enracine dans un contexte : celui de la passion-résurrection.

Peut-être cela donne -t-il une tonalité propre à cette épiphanie, à cette révélation de l’humanité du Christ en son incarnation ?

Elle est une invitation à voir au-delà des apparences : car derrière  le  « Visage brillant comme le soleil »,  se profile en  fondu enchainé le Visage défiguré du Christ en croix.

D’abord une montée sur une haute montagne

Une prise de distance – nécessaire – pour affronter l’inattendu. La montagne qui ne se laisse étreindre que dans l’effort. Mais, le premier de cordée c’est Jésus.

Puis la manifestation de la gloire

La gloire qui éclatera à la croix car elle naît de la glorification du Fils à l’heure de sa passion. Cette gloire c’est le poids de l’Amour.

Les disciples ont vu la gloire par anticipation, pour que, sur la croix, ils contemplent « la sainte lumière, la Splendeur du Père ».

La gloire de Dieu c’est Jésus qui se donne pour nous, dans un Amour infini, pour tout transfigurer.

Il est temps de redescendre dans la plaine.

Redescendre après une expérience qui s’apparente à l’éternité, à la plénitude du temps ! .. Expérience intense dont seule la résurrection du Christ permettra le dévoilement de ce que Pierre, Jacques et Jean ont vécu et « ont gardé le silence ne racontant rien à personne de ce qu’ils avaient vu ( Lc 9,36b)

Bienheureux ceux qui se laissent emmener par le Christ dans la gloire qui est le don de soi par amour ! C’est ce que Jésus va accomplir à Jérusalem.

 La gloire de la croix nous dit que Jésus n’est pas venu supprimer nos luttes mais les remplir de sa présence. Il nous propose d’entrer dans la gloire de sa passion où l’Amour sauve le monde.

Lorsque la sainteté de Dieu rayonne sur notre visage, nous sommes transfigurés. C’est ce que nous promet l’apôtre Jean « Quand le Christ paraîtra, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’Il est. » Jn 3,2.

C’est la belle demande que nous faisons dans la seconde prière eucharistique pour nos frères défunts : « accueille-les dans la lumière de ton visage. »

Au Royaume de Dieu, il n’y a pas de place pour autre chose que « de tout donner et se donner soi-même. » (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face)

J’ai eu le grand privilège d’accompagner récemment sœur Marie-Suzanne de la Présentation et d’avoir vu « chaque jour moins de terre et plus de ciel » selon son expression, au-delà des apparences d’un corps que la maladie défigurait peu à peu. C’était la certitude heureuse de se savoir attendue parce que très aimée et cela transfigurait son visage qui en devenait visiblement lumineux.

 

Georges Rouault Notre Dame de toutes grâces Assy (74) 1949Détail de la passion du Christ

Georges Rouault Notre Dame de toutes grâces Assy (74) 1949
Détail de la passion du Christ

Sœur Françoise-Chantal Lelimouzin o.p.

 


 

«Desde entonces comenzó Jesús a explicar a sus discípulos que debía ir a Jerusalén, padecer mucho… ser ejecutado y resucitar al tercer día» (Mt 16,21).

«Seis días después, Jesús tomó consigo a Pedro, a Santiago y a Juan, su hermano, y los llevó aparte a una montaña alta. Y se transfiguró delante de ellos» (Mt 17,1-2a).

La transfiguración es una manifestación de gloria que se enraíza en un contexto muy concreto: el de la pasión y la resurrección.

Quizá eso otorgue un tono particular a esta epifanía, a esta revelación de la humanidad de Cristo en su encarnación.

Es una invitación a mirar más allá de las apariencias, porque detrás del «Rostro brillante como el sol» se perfila, como en un fundido encadenado, el rostro desfigurado de Cristo en la cruz.

Primero, la subida a una montaña alta.

Una toma de distancia —necesaria— para afrontar lo inesperado. La montaña no se deja abrazar sino con esfuerzo. Pero el primero de la cordada es Jesús.

Después, la manifestación de la gloria.

La gloria que estallará en la cruz, porque nace de la glorificación del Hijo en la hora de su pasión. Esa gloria es el peso del Amor.

Los discípulos han contemplado la gloria anticipadamente, para que, en la cruz, puedan contemplar «la santa luz, el Esplendor del Padre».

La gloria de Dios es Jesús que se entrega por nosotros, en un Amor infinito, para transfigurarlo todo.

Es tiempo de descender a la llanura.

Descender después de una experiencia que roza la eternidad, la plenitud del tiempo… Experiencia intensa cuyo sentido solo la resurrección de Cristo permitirá desvelar: lo que Pedro, Santiago y Juan vivieron y «guardaron en silencio, sin contar a nadie nada de lo que habían visto» (Lc 9,36b).

Bienaventurados los que se dejan llevar por Cristo hacia la gloria que es el don de sí por amor. Eso es lo que Jesús va a cumplir en Jerusalén.

La gloria de la cruz nos dice que Jesús no ha venido a suprimir nuestras luchas, sino a llenarlas de su presencia. Nos invita a entrar en la gloria de su pasión, donde el Amor salva al mundo.

Cuando la santidad de Dios irradia en nuestro rostro, somos transfigurados. Es lo que nos promete el apóstol Juan: «Cuando Cristo se manifieste, seremos semejantes a Él, porque lo veremos tal cual es» (1 Jn 3,2).

Es la hermosa petición que hacemos en la segunda plegaria eucarística por nuestros hermanos difuntos: «admítelos a contemplar la luz de tu rostro».

En el Reino de Dios no hay lugar para otra cosa que «darlo todo y darse uno mismo». (Santa Teresa del Niño Jesús y de la Santa Faz)

He tenido el gran privilegio de acompañar recientemente a sor Marie-Suzanne de la Presentación y de ver «cada día menos tierra y más cielo», según su propia expresión, más allá de las apariencias de un cuerpo que la enfermedad iba desfigurando poco a poco. Era la feliz certeza de saberse esperada porque era profundamente amada, y eso transfiguraba su rostro, que se volvía visiblemente luminoso.

Sœur Françoise-Chantal Lelimouzin o.p.