En ce 4e dimanche du temps ordinaire, les textes de ce jour nous invitent au bonheur. « Heureux les pauvres de cœur ». Ce bonheur n’est autre chose que le portrait de Jésus. Il est lui-même le pauvre de cœur depuis son incarnation jusqu’à la croix. Pauvre de cœur, il attendait tout de son Père et révélait son royaume aux pauvres et aux petits. Ainsi le pauvre de cœur est celui qui rejoint le cœur de Jésus. Celui qui « cherche le Seigneur et sa justice » comme le décrit le prophète Sophonie dans la première lecture. L’Évangile de ce jour selon saint Matthieu nous donne un grand discours de Jésus sur le Bonheur : Heureux, Heureux, Heureux…
Le discours de Jésus se révèle solennel : « Il gravit la montagne, s’assied… ouvrant la bouche, il les enseignait. »
À l’exemple des chercheurs de Dieu, à la suite des foules et des disciples, approchons-nous de « la montagne » pour écouter la Bonne Nouvelle. On ne sait pas précisément de quelle montagne il s’agit, mais elle semble être connue – peut-être qu’elle désigne la montagne par « excellence », ce qui nous fait penser au Sinaï. Le discours sur la montagne serait donc un enseignement nouveau que Dieu donne par la bouche de Jésus, le nouveau Moïse.
Les Béatitudes de Matthieu (5,1-12) ne sont pas une liste de commandements austères ou un code de conduite morale, mais un chant de bonheur éternel, une configuration au Christ, une invitation à le suivre de plus près.
« Heureux, les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux. » Ce bonheur est un chemin qui s’ouvre pour tous. Quand il dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous donnerai le repos… mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes. » (Mt 11, 28-29) En effet, c’est Dieu qui donne l’identité filiale et le sens de la vie.
Dans notre monde marqué par l’indifférence, la souffrance, la violence, la peur de l’avenir, la perte de repères… qui laissent les cœurs vides, beaucoup ne croient plus au bonheur, ou le cherchent là où il s’éteint vite.
Et pourtant… Dieu continue d’aimer ce monde. Il continue d’y semer de la lumière dans les cœurs de ce « peuple pauvre et petit » dont parle Sophonie.
Le bonheur authentique jaillit de l’espérance en Dieu qui restaure la dignité humaine et appelle à une charité fraternelle visible. Ces Béatitudes sont un programme de sainteté pour nous. L’enseignement de Jésus ne nie pas la souffrance ni les persécutions, au contraire, il nous avertit : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, … insultés … à cause de moi… »
Ces paroles du Christ sur la montagne résonnent comme un appel à vivre la Vérité dans la contemplation et l’apostolat. Elles forment une identité que doit avoir le disciple de Jésus, une promesse qui se réalisera dans le royaume.
Comment peut-on être disciple du Christ aujourd’hui ? Peut-on se contenter d’observer ce qui se passe autour de nous ?
Le bonheur renaît souvent là où quelqu’un se sent reconnu. Dieu ne nous abandonne pas. Il console ceux qui pleurent… Celui qui accueille le bonheur à la manière de Jésus se laisse transformer à son image, et son exemple de vie devient témoignage.
Le bonheur ne vient pas de l’avoir, ni du succès, ni du pouvoir, mais de la certitude que Dieu est là parmi nous, qu’il nous aime et nous sauve.
« Seigneur, rends-nous pauvres pour être riches de Toi ; doux pour régner avec Toi ; affamés de justice pour festoyer à ta table. Amen. »
Sr. Noelie Kabore
Bienaventurados los pobres de corazón
En este cuarto domingo del tiempo ordinario, los textos de hoy nos invitan a la felicidad.
«Bienaventurados los pobres de corazón». Esta felicidad no es otra cosa que el retrato de Jesús. Él mismo es pobre de corazón desde su encarnación hasta la cruz. Pobre de corazón, lo esperaba todo de su Padre y revelaba su Reino a los pobres y a los pequeños. Así, el pobre de corazón es aquel que alcanza el corazón de Jesús, el que «busca al Señor y su justicia», como lo describe el profeta Sofonías en la primera lectura. El Evangelio de hoy, según san Mateo, nos ofrece un gran discurso de Jesús sobre la felicidad: Bienaventurados, bienaventurados, bienaventurados…
El discurso de Jesús se presenta solemne: «Subió a la montaña, se sentó… y, abriendo la boca, les enseñaba».
A ejemplo de los buscadores de Dios, siguiendo a las multitudes y a los discípulos, acerquémonos a «la montaña» para escuchar la Buena Noticia. No se sabe con certeza de qué montaña se trata, pero parece ser conocida; quizá designe la montaña por «excelencia», lo que nos remite al Sinaí. El discurso de la montaña sería, por tanto, una enseñanza nueva que Dios ofrece por la boca de Jesús, el nuevo Moisés.
Las Bienaventuranzas de Mateo (5,1-12) no son una lista de mandamientos austeros ni un código de conducta moral, sino un canto de felicidad eterna, una configuración con Cristo, una invitación a seguirle más de cerca. «Bienaventurados los pobres de corazón, porque de ellos es el Reino de los cielos». Esta felicidad es un camino que se abre para todos. Cuando dice: «Venid a mí todos los que estáis cansados y agobiados, y yo os aliviaré… aprended de mí, que soy manso y humilde de corazón, y encontraréis descanso para vuestras almas» (Mt 11, 28-29). En efecto, es Dios quien da la identidad filial y el sentido de la vida.
En nuestro mundo, marcado por la indiferencia, el sufrimiento, la violencia, el miedo al futuro y la pérdida de referentes —que dejan los corazones vacíos— muchos ya no creen en la felicidad o la buscan donde se apaga rápidamente. Y, sin embargo…
Dios sigue amando a este mundo. Sigue sembrando luz en los corazones de este «pueblo pobre y pequeño» del que habla Sofonías. La felicidad auténtica brota de la esperanza en Dios, que restaura la dignidad humana y llama a una caridad fraterna visible.
Estas Bienaventuranzas son para nosotros un programa de santidad. La enseñanza de Jesús no niega el sufrimiento ni las persecuciones; al contrario, nos advierte: «Bienaventurados los que son perseguidos por causa de la justicia… insultados… por causa mía…».
Estas palabras de Cristo en la montaña resuenan como una llamada a vivir la Verdad en la
contemplación y el apostolado. Configuran la identidad que debe tener el discípulo de Jesús, una promesa que se cumplirá en el Reino.
¿Cómo podemos ser discípulos de Cristo hoy? ¿Podemos conformarnos con observar lo que sucede a nuestro alrededor?
La felicidad renace a menudo allí donde alguien se siente reconocido. Dios no nos abandona. Él consuela a los que lloran… Quien acoge la felicidad al modo de Jesús se deja transformar a su imagen, y su ejemplo de vida se convierte en testimonio.
La felicidad no procede del tener, ni del éxito, ni del poder, sino de la certeza de que Dios está aquí entre nosotros, que nos ama y nos salva.
«Señor, haznos pobres para ser ricos en Ti; mansos para reinar contigo; hambrientos de justicia para sentarnos a tu mesa. Amén.»
Sr. Noëlie Kaboré